Calculer son seuil de rentabilité, et s'en servir
Le point mort, c'est le chiffre d'affaires à partir duquel vous gagnez de l'argent. La méthode de calcul, un exemple, et ce qu'il change dans vos décisions.
Un dirigeant devrait connaître son seuil de rentabilité aussi bien que son numéro de téléphone. C’est le chiffre d’affaires à partir duquel l’entreprise ne perd ni ne gagne d’argent — le point mort. En dessous, vous financez votre activité de votre poche. Au-dessus, chaque vente contribue au bénéfice. Piloter sans ce repère, c’est naviguer sans boussole.
La méthode, en quatre temps
D’abord, séparez vos charges en deux familles. Les charges fixes ne bougent pas avec l’activité : loyer, salaires, assurances, abonnements. Les charges variables suivent le volume : achats de marchandises, matières, commissions.
Ensuite, calculez la marge sur coûts variables : chiffre d’affaires moins charges variables. Rapportée au chiffre d’affaires, elle donne un taux de marge. Le seuil de rentabilité est alors simplement vos charges fixes divisées par ce taux.
Un exemple
Vos charges fixes annuelles s’élèvent à un certain montant. Vos charges variables représentent 60 % de votre chiffre d’affaires : votre taux de marge sur coûts variables est donc de 40 %. Pour couvrir vos charges fixes, il vous faut réaliser un chiffre d’affaires égal à ces charges fixes divisées par 0,40. En clair, chaque dirham de charge fixe exige deux dirhams et demi de ventes pour être couvert. Ce rapport, à lui seul, recadre bien des décisions.
Ce qu’il change
Une fois le point mort connu, tout devient plus concret. Vous fixez des objectifs de vente qui ont un sens, au lieu d’un chiffre choisi au hasard. Vous mesurez l’effet d’une charge fixe nouvelle — une embauche, un local plus grand — en nombre de ventes supplémentaires à réaliser. Et vous savez, en cours d’année, si vous avez déjà passé le cap ou s’il reste du chemin.
Le recalculer souvent
Le seuil de rentabilité n’est pas gravé une fois pour toutes : il monte avec vos charges fixes, il descend quand votre marge s’améliore. Le recalculer à chaque changement notable — un loyer qui augmente, un fournisseur renégocié — vaut mieux que de s’appuyer sur un chiffre vieux de deux ans.